Results 1 to 15 of 15

Thread: Que lisez-vous en ce moment? Partageons nos lectures!

  1. #1

    Join Date
    Jun 2006
    Location
    N'dakaru (SUNU GAAL-Afrika)
    Posts
    1,364
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    270

    Que lisez-vous en ce moment? Partageons nos lectures!


    0 Not allowed! Not allowed!
    Parce que "chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même", parce que nos frères et soeurs ne lisent pas assez, parce que notre Libération ne s'effectuera pas sans apprentissage, ni sans esprit critique, ni sans travail intellectuel, et encore moins sans connaisssance de l'histoire de toute notre Diaspora aussi vaste soit elle...!
    Parce que notre grande Histoire nous a été soustraite, parce que la connaissance est le nerf de la guerre, parce que nous en sommes l'origine, parce qu'un esprit sain dans un corps sain, parce que l'esprit est une chose terrible à gâcher, parce que nos esprits necessitent d'être nourris, parce qu'une plante ne peut vivre dépourvue de soleil et d'eau...!

    And no matter what game they play
    We got something they could never take away
    And it's the fire (fire), it's the fire (fire)
    That's burning down everything
    Feel that fire (fire), the fire (fire)
    No water could put out this fire (fire)



  2. #2

    Join Date
    Jun 2006
    Location
    N'dakaru (SUNU GAAL-Afrika)
    Posts
    1,364
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    270

    0 Not allowed! Not allowed!
    Un magnifique livre de David Robinson traitant de l'expansion de l'Empire Peul Musulman ( l'un des plus grand que l'Afrik de l'Ouest ait connu) sous l'egide de son leader sprituel et séculier Al Hadjj Cheikh Umar Tal ainsi que sa résistance face aux forces colonisatrices et impérialistes françaises au milieu du 19è s.


    And no matter what game they play
    We got something they could never take away
    And it's the fire (fire), it's the fire (fire)
    That's burning down everything
    Feel that fire (fire), the fire (fire)
    No water could put out this fire (fire)



  3. #3

    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Paris (France) / Spain
    Posts
    25
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    0

    0 Not allowed! Not allowed!
    Bonsoir,

    j'aime bien le genre d'histoire, mais ces jours je suis en train de lire un livre qui s'appelle "Andamios" de Mario Benedetti (écrivain uruguayen). C'est une histoire d'un exile, d'un homme qui est de retour au pays.

    Par l'instant j'ai pas mal de livres à lire car le mois passé j'ai acheté beaucoup de livres, par example tu parlais très bien de "Live from Deat Row" de Mumia, je compte de le lire le mois prochain car il est dèjà dans ma petite bibliothèque et aussi un autre de Mumia "Death blossoms".

    sinon car on est sur "Pour ceux parlant français" ça fait pas longtemps j'ai lu quelques livres en français, des livres on peut dire qui racontent un peu la vie en banlieue et tout ça, de cette fille qui est très connue en France qui s'appelle Faïza Guène. J'ai lu "Du rêve pour les oufs" et son premier livre "Kiffe kiffe demain", bon le premier je l'avais lu en espagnol, je sais que c'est pas bien c'est pas la même chose car dans la langue original il est plein de mots en verlan et il faut le lire en français mais je l'ai pas trouvé à la fnac de chez moi. Bref, ces livres sont pas mal, j'imagine que c'est à cause qu'il y a pas trop de livres qui racontent la vie de la jeunesse française en banlieue.

    "Ils ont lapidé Ghofrane" c'est un autre livre en français que j'ai lu, il raconte la triste histoire de cette fille fille française d'origine tunisienne qui a été lapidé près de Marseille.

    Le livre "Fight the power" par Chuck D, membre de Public Enemy c'est un autre livre que j'ai en fin pu trouver en espagnol et j'ai bien aimé...

    salutations

  4. #4

    Join Date
    Feb 2008
    Location
    Belgium, Europ
    Posts
    15
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    0

    0 Not allowed! Not allowed!
    Bonjour mes frères,
    J'essaie de lire jusqu'à la fin NATIONS NEGRES ET CULTURES de CAD, mais pas facile de lire tous les jours pour des raisons professionnelles et familiales. Et pourtant le livre est très intéressant.
    Frère SOURAKHATA, je suppose que David Robinson est un leuco, et que AL HAJJ est aussi Musulman ? Si c'est le cas, je ne me vois pas lire les livres des criminels et de tous ceux appartenant aux religions qui nous font tant de mal.
    Mon long silence est dû à la naissance de la petite ASET. Je m'efforcerai d'être le plus présent sur le forum.
    La patrie ou la mort, nous vaincrons.

  5. #5

    Join Date
    Jun 2006
    Location
    N'dakaru (SUNU GAAL-Afrika)
    Posts
    1,364
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    270

    0 Not allowed! Not allowed!
    Bonjour à toi Frère Africa, heureux de te lire et surtout heureux de savoir que tu as été béni par la naissance de ta fille Aset. Toutes mes félicitations les plus sincères à toi et à ta Reine.

    Nations Nègres et Cultures est un ouvrage fondamental, bien que difficile à digérer, il est inestimable! Le temps manque toujours pour lire ou juste prendre le temps de comtempler la nature et le monde comme on l'aimerait, si j'en avais tout le loisir je consacrerai la quasi totalité de mon temps dans ce sens, mais il faudrait être un ascète ou un ermite pour cela!

    Pour en venir à David Robinson, oui c'est effectivement un leuco..!
    C'est l'un des historiographes et spécialistes des sociétés musulmanes du 18è et du 19è siècles de l'Afrik de l'Ouest qui a effectué les recherches les plus approfondies sur ce sujet et ce sur une très longue période en collaboration étroite avec les universitaires Africains, celle de CAD à Dakar en particulier. Je pense que son sérieux et son objectivité ne sont pas à remettre en cause à mon sens. Il suffit de lire ses livres pour s'en rendre compte..!
    S'il fallait proscrire toute lecture écrite par un yt traitant de notre Nation ce serait un cas de figure que je ne partagerai pas..!

    Il est bien évident que nous sommes les seuls et les mieux placés pour parler, étudier, disséquer et analyser tant notre riche et complexe histoire que notre culture plusieurs fois millénaire, il est même vitale que nous contrôlions ces processus, je comprends ton point de vue, mais à mes yeux toutes contributions et recherches honnêtes, documentées et de bonne foi dans ce sens venant d'un yt, d'un asiatique ou d'un sud américain est la bienvenu tant qu'elles éclairent les mystères de notre passé de manière objective!

    Je prendrai des pincettes avant de qualifier El Hadj Omar Tall de criminel aussi Musulman qu'il soit. Les seuls et les premiers criminels sont sans conteste les Européens.

    Il est nécessaire d'appréhender la complexité des divergences & des combats religieux et intestins qui ont opposé nos aieux pour ne pas être dupe, pour ne pas les reproduire et surtout pour éviter d'émettre des fins de non reçevoir comme tu le fait frère.
    L'histoire, toute l'histoire de notre Nation doit selon moi perpétuellement attiser notre curiosité et non créer notre rejet pour ne pas s'arrêter sur des idées préconçues.

    Il est irréfutable que l'expansion de L'Islam en Afrik à fait énormément de mal aux animistes (notre vrai religion avant toute autre), prétendre le contraire serait d'une idiotie et d'une ignorance sans nom, mais ces souffrances infligées aux peuples dits 'paiens' sont totalement comparables aux exactions commises lors des nombreuses guerres territoriales ou guerres d'expansion des royaumes et des empires que l'Afrik a connu dans ses quatres points cardinaux à commençer par celui des Zulus comme celui de Soundiata Keita. Sont-ils des criminels pour autant?
    Non certainement pas, ils ont juste écrit notre histoire au même titre qu'El Hadj Omar Tall, Samory Touré, Amadou Bamba ou encore Uthman et par extension la Nation of Islam & El Hadj Malik Shabazz...!

    L'Islam, n'en déplaise a permit aux peuples qui y croyait de résister à l'envahisseur européen d'un point de vue culturel, les missionnaires chrétiens se sont d'ailleurs vu opposés une resistance farouche lorsqu'ils ont essayés en vain de les faire convertir ou d'adopter leurs prénoms catholiques au détriment de ceux que nous portions depuis des siècles, sans parler de la résistance exemplaires des esclaves musulmans dans le soit disant 'Nouveau Monde'.

    L'histoire de notre peuple est vaste et difficile à saisir, telle une bobine de fils qui se serait emmêlé, il est de notre devoir en tant que dépositaire de cette histoire de savoir la démêler et non d'en rejeter une partie aussi obscure soit elle!

    Peace Bro'..!!

    Quote Originally Posted by Africa View Post
    Bonjour mes frères,
    J'essaie de lire jusqu'à la fin NATIONS NEGRES ET CULTURES de CAD, mais pas facile de lire tous les jours pour des raisons professionnelles et familiales. Et pourtant le livre est très intéressant.
    Frère SOURAKHATA, je suppose que David Robinson est un leuco, et que AL HAJJ est aussi Musulman ? Si c'est le cas, je ne me vois pas lire les livres des criminels et de tous ceux appartenant aux religions qui nous font tant de mal.
    Mon long silence est dû à la naissance de la petite ASET. Je m'efforcerai d'être le plus présent sur le forum.
    La patrie ou la mort, nous vaincrons.

    And no matter what game they play
    We got something they could never take away
    And it's the fire (fire), it's the fire (fire)
    That's burning down everything
    Feel that fire (fire), the fire (fire)
    No water could put out this fire (fire)



  6. #6

    Join Date
    Apr 2008
    Location
    Paris (France) / Spain
    Posts
    25
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    0

    0 Not allowed! Not allowed!
    Bonsoir

    un livre que j'ai lu l'année passée, je l'ai trouvé très interessant ..




    "Soldats, Domestiques Et Concubines: L'Esclavage Au Maroc Au XIXe Siècle"

    Ennaji, Mohammed


    « L'esclavage est une des plus vieilles et des plus durables institutions humaines. Dans quelques-unes de ses formes antiques, qui ont perduré au Maghreb jusqu'au début du XXe siècle. La servitude a suscité un certain "voyeurisme" occidental, une "érotisation" de la vision de cette pratique. Déjà Montesquieu, dans ses Lettres Persanes se montrait fasciné par le trio maître-esclave-épouse et plus tard Hegel se penchera sur le rapport maître-esclave. Mohammed Ennaji a au cours de ses recherches, retrouvé nombres de faits lui permettant de ressusciter à travers la vie des militaires, des domestiques, des concubines et des serfs, ce que le professeur Ernest Gellner – qui a préfacé cet ouvrage – a nommé un "aspect très significatif de la vie marocaine" même si l'esclavage ne jouait plus, au XIXe siècles, un rôle fondamental dans le fonctionnement de la société. » (présentation de l'auteur)

  7. #7

    Join Date
    Jun 2006
    Location
    N'dakaru (SUNU GAAL-Afrika)
    Posts
    1,364
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    270

    0 Not allowed! Not allowed!
    Bonsoir Shak!

    Voyeurisme et érotisation occidentals, approche qui leur est bien habituel, il encore plus "exalté" (c'est le moins que l'on puisse dire) dans le soit disant Nouveau Monde..!
    Montesquieu le franc-maçon..!!
    J'ai rapidement cherché le bouquin mais j'ai pas trouvé.

    And no matter what game they play
    We got something they could never take away
    And it's the fire (fire), it's the fire (fire)
    That's burning down everything
    Feel that fire (fire), the fire (fire)
    No water could put out this fire (fire)



  8. #8

    Join Date
    Jun 2006
    Location
    N'dakaru (SUNU GAAL-Afrika)
    Posts
    1,364
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    270

    0 Not allowed! Not allowed!

    And no matter what game they play
    We got something they could never take away
    And it's the fire (fire), it's the fire (fire)
    That's burning down everything
    Feel that fire (fire), the fire (fire)
    No water could put out this fire (fire)



  9. #9

    Join Date
    Jan 2004
    Location
    Barcelona (Spain)
    Posts
    4,105
    Blog Entries
    6
    Thumbs Up/Down
    Received: 3/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    434

    Thumbs up


    0 Not allowed! Not allowed!
    ces livres semblent très intéressants! j'ai à apprendre français et pour pouvoir lire les livres qui n'ont pas de traduction! Merci!

    Elisa Marvena Nyarai




    SANKOFA Asociación Cultural
    www.myspace.com/sankofacultura
    http://sankofacultura.blogspot.com

  10. #10

    Join Date
    Feb 2008
    Location
    Belgium, Europ
    Posts
    15
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    0

    0 Not allowed! Not allowed!
    Cher frère SOURAKHATA, je comprends la pertinence de certains points évoqués, mais je comprends aussi que tu aies un léger penchant pour les musulmans.

    - " Les seuls et les premiers criminels sont sans conteste les Européens ".

    Très discutable cette position car les arabes sont les premiers à avoir esclavagisé notre peuple bien avant les Européens, et ce, pendant une période d'à peu près 1000 ans, et on en parle pas car c'est l'esclavage des Européens qui plus récent (1454 date de début ).

    Aucune invasion ne s'est faite sur notre continent sans extrême violence.

    Il est plus facile pour un chrétien (noir) de quitter le christianisme que pour un muslim (noir) de sa réligion. Pourquoi à ton avis?

    Notre combat est de ramener les frères et soeurs à notre spiritualité originelle, l'ANIMISME.

    Chaque race a une spiritualité:
    Les arabes, c'est l'Islam
    Les YT, c'est le Christianisme
    Les asiatiques, c'est le Boudhisme etc...

    L'aliénation ronge notre communauté, heureusement, la patrie ou la mort nous vaincrons.

  11. #11

    Join Date
    Jun 2006
    Location
    N'dakaru (SUNU GAAL-Afrika)
    Posts
    1,364
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    270

    0 Not allowed! Not allowed!

    And no matter what game they play
    We got something they could never take away
    And it's the fire (fire), it's the fire (fire)
    That's burning down everything
    Feel that fire (fire), the fire (fire)
    No water could put out this fire (fire)



  12. #12

    Join Date
    Dec 2009
    Location
    Senegal
    Posts
    4
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    0

    0 Not allowed! Not allowed!
    LA FEROCITE BLANCHE DE ROSA PLUMELLE -URIBE

    Aux yeux de certains Européens, en particulier Français, les Noirs passent pour des sauvages. Une étude sérieuse de l’Histoire atomise ces affirmations racistes. Bien au contraire, la Barbarie du Blanc semble être présente dans presque toute l’Histoire humaine.
    Ce livre traite
    -DE LA DESTRUCTION DES INDIENS
    Exemple

    Des Chrétiens rencontrèrent une Indienne qui portait dans ses bras un enfant qu’elle était en train d’allaiter ; et comme le chien qui les accompagnait avait faim, ils arrachèrent l’enfant des bras de la mère et, tout vivant, le jetèrent au chien qui se mit à le dépecer sous les yeux même de la mère... ( "La Férocité Blanche" p. 43

    L’ANÉANTISSEMENT DES NOIRS

    -EXEMPLE Un jugement du conseil supérieur de la Martinique a condamné, le 17 juin 1679, plusieurs nègres à subir l’amputation d’une jambe, plusieurs négresses à avoir le nez coupé et tous à être marqués d’une fleur de lys empreinte sur le front avec un fer rouge, pour avoir cherché à s’évader. Les juges déclarèrent, dans cet arrêt, avoir usé d’indulgence... ( Joseph E. Morenas, "Précis historique de la traite des Noirs et de l’esclavage colonial" ) ( "La Férocité Blanche" p. 57 )

    -LE POIDS IDEOLOGIQUE DE LA SUPREMATIE BLANCHE
    -L' APARTHEID UN CRIME CONTRE L HUMANITE

    POUR EN SAVOIR PLUS
    REPORTAGE ET INTERWIEW DE ROSA AMELIA PLUMELLE-URIBE
    Dailymotion - Rosa Amelia Plumelle Uribe #2 - une vidéo Actu et Politique
    ---------------------------------------------------------------------------------------

  13. #13

    Join Date
    Jun 2006
    Location
    N'dakaru (SUNU GAAL-Afrika)
    Posts
    1,364
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    270

    Thumbs up


    0 Not allowed! Not allowed!
    J'ai découvert ce livre cette année, il semblerait que ce soit une référence. A lire dès que possible. Merci



    And no matter what game they play
    We got something they could never take away
    And it's the fire (fire), it's the fire (fire)
    That's burning down everything
    Feel that fire (fire), the fire (fire)
    No water could put out this fire (fire)



  14. #14

    Join Date
    Jun 2006
    Location
    N'dakaru (SUNU GAAL-Afrika)
    Posts
    1,364
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    270

    0 Not allowed! Not allowed!
    J'ai délaissé la lecture de fiction & de roman il y a bien longtemps.
    Avant ces six derniers mois, mon dernier roman devait remonter à des années en arrière, je serai même incapable d'en citer le titre.
    A mes yeux seule l'histoire, seuls les livres thématiques trouvaient grâce à mes yeux.
    Non pas que je considère le roman, l'imaginaire, la fiction comme ennuyeux ou insipide bien au contraire. C'est simplement que les domaines de recherche, la connaissance de l'histoire de notre Diaspora est si vaste, si impérative & impérieuse dans notre combat pour l'autodétermination totale qu'elle exige beaucoup de temps, une implication totale du lecteur, et surtout parce qu'elle est passionnante, il est difficile de s'en défaire une fois qu'on y est plongé.

    On m'a donc fait remarqué cet état de fait dernièrement, que je ne lisais que des livres historiques ou spécialisés (à juste titre).
    Je n'y pensais même plus, j'avais même oblitéré l'existence de la fiction, de l'énorme bien fait et du plaisir que cela procurait. Peu à peu, telle une personne déjà repu dont l'estomac retentit de borborygmes de contentements mais qui ne peut résister à l'odeur alléchante d'un plat qu'on lui présente, je m'immerges délicieusement dans la fiction.
    Attention, il n'était surtout pas question de me coltiner le Père Goriot, ou la collection complète de ces consanguins dégénérés de Rougon-Macquart.
    Non, ça j'ai déjà donné à l'école de la Ré-pute-blique.
    Il fallait lier l'utile à l'agréable, fallait combler les lacunes, fallait pallier à la méconnaissance & corriger l'aberration.
    Celle de très mal connaître la Littérature Afrikaine Continentale de langue Française, moi l'Afrikain que je suis, enfant d'une terre qu'on appelle aujourd'hui à tort le Sénégal. Terre, du reste, qui a vu naître des hommes & des femmes à la plume sans pareil, hier & "présentement". lol

    Oui La Littérature Afrikaine dite francophone qu'elle soit Malienne, Guinéenne, Tchadienne, Ivorienne, Béninoise ou Sénégalaise est splendide, majestueuse, revivifiante, atemporelle, déterminante pour notre reconstruction identitaire, cruciale pour définir notre avenir, à l'mage de notre Continent, comment il pourrait en être autrement?



    Abasse Ndione (Sénégal)





    Les phrases en wolof coulent de moi comme du lait. Je les traduis en français et je les couche sur le papier

    Sa seule coquetterie d'écrivain, ce sont ses stylos Bic : il se sert du noir pour écrire, du rouge pour les corrections, et du bleu pour les retouches finales. Nuit après nuit, depuis près de quinze ans, Abasse Ndione, infirmier à la retraite, noircit ainsi les pages de ses romans. Pas de bureau : cahier posé sur les genoux, il travaille assis sur le bord du lit conjugal. "Le ventilateur devant, moi derrière", complète son épouse, Meriem, avec fierté. L'un de ses gendres saisit le texte sur ordinateur.

    "Pendant qu'il écrivait La Vie en spirale, j'attendais notre quatrième enfant. Quand le livre est sorti à Dakar, j'avais eu le sixième", calcule Meriem Ndione. Le premier roman policier de l'insomniaque des faubourgs de Rufisque, commune de pêcheurs située à une vingtaine de kilomètres de Dakar, aura ainsi mis huit ans avant d'être publié par une maison d'édition locale ! Au Sénégal, il n'y a que la pauvreté qui galope. La lecture reste un sport d'élite. Sans un incroyable concours de circonstances, La Vie en spirale n'aurait jamais été repéré par les éditions Gallimard en 1998. Et l'écrivain Abasse Ndione n'aurait pas existé.
    En vérité, ce premier livre sentait le soufre. Ou, plus exactement, le cannabis, bref, comme on dit au Sénégal, le yamba. Pire : dans La Vie en spirale, on fume et on trafique à tous les étages, des jeunes chômeurs aux pontes des confréries, des riches ngew (les Blancs) aux officiers de police. Le livre fit donc scandale, suscitant finalement l'intérêt de la maison d'édition de la rue Sébastien-Bottin. Comme quoi, les "joints" ont du bon : Abasse Ndione en est à son troisième roman publié (en France) et le quatrième est en route... Il est sacrément culotté, ce drôle d'oiseau à barbe blanche, qui parle comme on respire de drogue, de sexe et du désir fou d'émigrer ! Assis dans la bibliothèque-salon, aux murs habilement camouflés d'un élégant tissu brodé, Abasse Ndione sourit en fumant sa pipe en os de mouton.

    Sur les étagères se croisent William Faulkner et Mouloud Akkouche, Hannah Arendt et Jean Potocki, Jules Verne et Thierry Jonquet. Eclectique, Abasse Ndione achète ses livres dans les "par terre" (sur les trottoirs, où sont vendus les bouquins d'occasion) plus souvent que dans les librairies, endroits rares et luxueux - analphabétisme et cherté de la vie obligent. Même pour un fils de commerçant, apprendre à lire, dans les années 1950, n'était pas chose courante. "J'ai commencé par l'école coranique, comme tout le monde. Mais ensuite, c'est notre père qui nous a poussés, mes frères et moi, à aller à l'école française. Au village, sur une centaine d'enfants, nous étions une poignée à y aller." "Ceux qui apprennent le français, quand ils seront morts, ils iront en enfer !", disaient les gens. "Moi, je voyais les vieux qui jouaient aux cartes et qui parlaient français : et eux alors, je demandais, ils iront aussi en enfer ?", se rappelle-t-il. Aujourd'hui, il rêve dans une langue et écrit dans une autre. "Les phrases en wolof coulent de moi comme du lait. Je les traduis en français et les couche sur le papier", résume-t-il joliment.

    Sa maison - qu'il est en train de finir de payer, grâce à sa (maigre) retraite d'infirmier, ajoutée à celle de sa femme, ancienne institutrice - ressemble à celles de son quartier. Composée d'un ensemble de pièces cubiques chaulées, qui entourent une petite cour intérieure, elle retentit du rire des enfants, qui vont et viennent sans se lasser. Abasse Ndione les adore. Ses sept enfants et ses sept petits-enfants le lui rendent bien. Quand il était en poste en brousse, d'abord en Casamance, puis dans la région de Rufisque, l'infirmier Ndione aimait bien accoucher les femmes - y compris la sienne. "C'est moi qui ai tiré les têtes de nos cinq premiers enfants", annonce-t-il. Aujourd'hui, l'heureux patriarche se contente de peu. A l'occasion, il se régale d'un vert-blanc, un plat casamançais composé de riz blanc, d'une sauce à l'oseille et au gombo, et d'un peu de poisson. Il fume du tabac brun, qu'il achète par minuscules paquets. Et il ne sort que le matin (pour acheter les journaux) et le soir (pour faire son jogging). De temps à autre, dans son quartier de Gouye Mouride, où les pannes d'électricité sont aussi fréquentes que le ramassage des ordures est rare, les gens, qui n'ont pas lu ses livres mais considèrent ce pieux lettré comme "un homme de Dieu", font appel à lui pour la circoncision des garçons.

    Le père d'Abasse Ndione avait épousé neuf femmes - "mais jamais plus de trois à la fois", précise l'écrivain - et vécu entouré d'innombrables marmots. "On était quatorze ou quinze frères et soeurs", indique évasivement l'auteur de Mbëkë mi (Gallimard, 82 p., 11 euros). Cette longue nouvelle, publiée d'abord à Dakar, puis fin août à Paris, est aussi une histoire d'enfants. Elle est consacrée aux jeunes qui "prennent la mer" et tentent de gagner les îles espagnoles des Canaries. "C'est le premier roman sur l'émigration en pirogue, vue d'Afrique par un Africain", commente Alioune Sakho, professeur de français dans une école privée de Rufisque. "Ce que le peuple pense tout bas : la mal-gouvernance, le désenchantement... Abasse Ndione l'écrit noir sur blanc", ajoute le professeur. Quand l'auteur de Mbëkë mi était gosse, personne, dans son village, ne songeait à partir pour Dakar, encore moins pour l'Europe. La pêche, l'agriculture et le commerce, activités auxquelles son père s'adonnait, suffisaient à emplir les journées et les estomacs. Aujourd'hui, les paysans sont réduits à la misère, tandis que les pêcheurs du coin se désespèrent : "Les bateaux-usines français, coréens, russes et espagnols ont ratissé tout le poisson !, morigène Abasse Ndione. Pour eux, les contrôles de police ne sont pas rigoureux. Contrairement aux pirogues..."

    Le critique littéraire Sada Kane a reçu plusieurs fois Abasse Ndione sur les plateaux de la télévision sénégalaise. "Son écriture est comme le vin : elle se bonifie avec le temps", sourit-il. A l'instar de La Vie en spirale, désormais étudiée dans les écoles, Mbëkë mi sera peut-être un jour inscrit dans les programmes scolaires ? Quant à Ramata (Gallimard, 2000), qui évoque la question de la frigidité féminine, il doit sortir en édition de poche à Paris en septembre, et à Madrid, en version espagnole, en octobre. Dans Dakar l'insoumise, un livre de portraits de Fabrice Hervieu-Wane (éd. Autrement, 212 p., 20 euros), Abasse Ndione dévoile, en partie, le sujet de son prochain roman : le trafic de cocaïne, dont la capitale sénégalaise serait devenue un important carrefour... Avec ou sans pirogue, le sage de Rufisque n'a pas fini de faire des vagues.

    Catherine Simon

    PARCOURS D'ABASS NDIONE

    1946 : Naissance à Bargny (Sénégal).
    1966 : Premier poste d'infirmier d'Etat en Casamance.

    1968 : Mariage, naissance du premier enfant, suit les "événements" de Dakar.

    1998 : Publication par Gallimard de La Vie en spirale.

    2000 : Publication de Ramata chez le même éditeur.

    2008 : Parution de Mbëkë mi (Gallimard).

    Interwiew:

    Abasse Ndione, interview par Ch. Dupuis - - - L'ours-Polar - - -


    La Vie en spirale (1998)



    «Laay Gooté pénétra en coup de vent dans la chambre.

    - On a giflé Dappassa, s'écria-t-il. C'est fini les gars, je cesse de fumer.

    On ne termina même pas le thé. On prit place dans la Simca pour aller à Ximbé. Le chanvre indien et la façon d'en trouver furent l'unique sujet de notre conversation durant le trajet.
    Le spectre des jours sombres se profilait à l'horizon. La dernière source était tarie et la pénurie de chanvre indien était pire que celle d'eau.»

    Ramata (2000)



    " Elle était un de ces très rares êtres dont le bon Dieu avait pris un soin particulièrement méticuleux pour façonner leur moule et faire de leur physique, en tout point, une œuvre parfaite. Elle n'était ni grande ni petite, ni maigre ni grosse, son teint n'était ni clair ni sombre, et son visage était aussi agréable et apaisant à contempler qu'un clair de lune en pleine forêt, un lever de soleil en haute montagne ou son coucher dans une mer tranquille [...]. Impossible à un homme normalement constitué, saint comme mécréant, de la voir, de devant comme de derrière, sans avoir des idées lubriques dans la tête. Elle était belle, très belle, plus belle même que Gina Lollobrigida. Et elle le savait. "
    Belle, Ramata l'est sans conteste ni rivale. D'où vient alors qu'elle soit aussi mauvaise, querelleuse, vaniteuse et infidèle ? D'où vient, en fait, que cette femme superbe, riche et adulée, soit aussi malheureuse ?
    Ramata est une étonnante tragédie moderne inscrite dans un pays (le Sénégal) en quête de sa modernité. C'est aussi le portrait magnifique d'une femme et de la douleur qui la ronge. C'est surtout la confirmation de l'étonnante force littéraire du nouveau roman africain.

    Mbëkë mi (2008)



    « Mbëkë mi » est le dernier livre d’Abasse Ndione. Cette longue nouvelle, publiée d’abord à Dakar, depuis fin août à Paris, est consacrée aux jeunes qui prennent la mer et tentent de gagner les îles espagnoles des Canaries, précise la source. D’après l’institut français, « Mbëkë mi », c’est le coup de tête sur lequel on part, défiant tous les périls. Tout quitter, pour tout tenter. C’est devenu le défi, la traversée, tant de milliers de jeunes Africains.

    « Dos à la misère et au renoncement, ils fuient leur pays en pirogue... » A l’assaut des vagues de l’Atlantique, ou dix jours de navigation et d’errance dans un tronc d’arbre évidé, chargé de près de cinquante passagers. Tous ont en commun, le projet de fuir les réalités de leur pays pour rejoindre l’Eden européen rêvé.

    On apprend aussi qu’au fil des pages, le lecteur est emporté par l’espoir, l’immense beauté de l’océan, la mort, la faim, la soif, les hallucinations : il est lui aussi, le cœur au ventre, suspendu sur les abysses entre deux continents.

    « Mbeki mi » est le premier roman sur l’émigration en pirogue, vue d’Afrique par un Africain, commente Alioune Sakho, professeur de français dans une école privée de Rufisque. « Ce que le peuple pense tout bas : la mal-gouvernance, le désenchantement... Abasse Ndione l’écrit noir sur blanc ».

    L’auteur, qui est né au Sénégal, vit et écrit à Rufisque, où il est considéré comme un sage. Il a déjà publié aux éditions Gallimard « Ramata » en 2000 et « La Vie en spirale » en 2004.

    And no matter what game they play
    We got something they could never take away
    And it's the fire (fire), it's the fire (fire)
    That's burning down everything
    Feel that fire (fire), the fire (fire)
    No water could put out this fire (fire)



  15. #15

    Join Date
    Mar 2004
    Posts
    19
    Thumbs Up/Down
    Received: 0/0
    Given: 0/0
    Rep Power
    0

    0 Not allowed! Not allowed!
    hi:

    Pourriez-vous me recommendez un des livres de James Baldwin en franÇais ?? Je suis espagnol et, en ma langue, je ne trouve aucun livre qui me paraît interesant....je vous remercie d´avance, mes frères..

Thread Information

Users Browsing this Thread

There are currently 1 users browsing this thread. (0 members and 1 guests)

Similar Threads

  1. Annocez votre présence >> Présentez-vous
    By Sourakhata in forum Rencontrer, Accueillir, Partager
    Replies: 8
    Last Post: 12-07-2009, 04:01 AM
  2. Les 9 de MOVE, vous connaissez?
    By Sourakhata in forum Move 9 Fr
    Replies: 0
    Last Post: 12-04-2008, 09:40 AM
  3. NOI Temple 15 Lectures
    By NOI Temple 15 in forum Islamic / N.G.E.
    Replies: 110
    Last Post: 02-26-2007, 04:45 PM
  4. NOI Temple 15 Lectures
    By NOI Temple 15 in forum The Contested Zone
    Replies: 80
    Last Post: 05-21-2006, 06:58 PM
  5. Have Lectures? Here's How To Help PanAfrican.TV
    By Im The Truth in forum Open Forum
    Replies: 3
    Last Post: 04-07-2006, 09:05 PM

Thread Participants: 5

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts
  •  


About

    Assata Shakur Speaks is an Forum Devoted To Assata Shakur And All Political Prisoners Around The World.
    Assata Shakur Speaks Is An Oasis Of Pan African Information Geared Towards The Liberation Of Afrikan People.

Follow Us On

Twitter Facebook youtube Flickr DavianArt Dribbble RSS Feed



BACK TO TOP